mardi 14 novembre 2017

Notre bilan du Brésil : itinéraire, les TOP et les FLOP, budget

Après plus d'un mois dans ce pays continent, tentons de prendre un peu de recul sur le début de notre aventure !





1. En bref

Nous avons passé 5 semaines au Brésil. Nous devions initialement y rester 1 semaine de plus mais le coût de la vie -élevé- nous a forcé à abréger notre séjour pour ne pas exploser le budget. Nous avons néanmoins vécu à fond ces 5 semaines, en se faisant plaisir : 2 treks de plusieurs jours et de (trop) nombreux déplacements.
Nous nous sommes concentrés sur 4 zones : 

- Rio de Janeiro
- La côte Nordbentre Fortaleza et Sao Luis
- La province de Bahia
- La province du Minas Gerais 
L'itinéraire détaillé est visible ici .

2. Notre ressenti 

Le Brésil est un pays atypique. Par sa taille déjà. On nous avait dit que ce serait grand et bien sûr on avait ouvert une carte du continent. Mais on s'en est vraiment rendu compte en se déplaçant. D'autant que les bus sont lents, ce qui ne raccourcit pas les distances.
Atypique par toutes les facettes de ses parcs naturels grandioses. Désert de dunes, jungle tropicale, plages immaculées... Nous avons eu plusieurs fois le souffle coupé !
Enfin, atypique par son histoire. Celle d'un pays découvert à la fin du 15ème siècle par la couronne portugaise, délaissé ensuite pendant presque 2 siècles car hâtivement jugé "peu intéressant" à l'inverse d'autres terres découvertes à l'époque (pas d'épice, ni de soie, ou de minerai...), et sur lequel ont déferlé ensuite plusieurs folies : la monoculture de la canne à sucre, puis du caoutchouc puis du café, sans oublier les ruées vers l'or et les diamants. Tout cela largement soutenu par la main d'oeuvre non rémunérée que représentaient les 3 à 5 millions d'esclaves importés d'Afrique pendant près de 3 siècles et dont l'héritage est central dans la culture brésilienne. Cette histoire, riche et méconnue, nous l'avons découverte là-bas. Nous avons suivi ses traces dans les terres que nous avons explorées. L'histoire du Brésil, c'est une alternance d'âges d'or et de coup de théatre ou de drames économicopolitques, une histoire dont nous nous sommes régalés, avec comme viatique l'excellent Dictionnaire amoureux du Brésil de Gilles Lapouge.
Enfin, les clichés ont aussi une part de vrai : le Brésil est un pays qui danse, avec de la musique dans la rue, l'impression que tous les brésiliens se connaissent tellement ils se parlent facilement dans la rue. Un pays coloré, avec ses plantes tropicales multicolores, ses étals de fruits incroyables et inconnus pour nous. Pour en citer un : le cajou, qui est le fruit couplé à la noix de cajou. Sans parler de la caipirinha, qui se décline avec tous les fruits.

Si le Brésil nous a enchanté, il nous a aussi fatigué ! Vivre 5 semaines en étant sur ses gardes en permanence, ça use un peu. S'il ne nous est rien arrivé, l'insécurité est très palpable. Des patrouilles de police étaient présentes tous les 100 mètres dans les villes, grandes et moyennes, que nous avons visitées. Nous avons assisté à 3 reprises à des courses poursuites ou arrestations très musclées. Et difficile de sortir des sentiers battus sans se faire conseiller par un brésilien de regagner la terrasse de notre hotel (cf article sur Salvador de Bahia).
Aussi, nous pensions communiquer avec notre espagnol et quelques bases de portugais acquises sur Duolingo. Mais non ! Les brésiliens rencontrés parlant espagnol ou anglais se comptent sur les doigts de 2 mains. Seul le portugais est de mise. Y compris dans les aéroports quand vous voulez acheter un billet d'avion, et dans 90% des auberges où nous avons séjourné. Cela nous a bien frustré. Du coup, on reste spectateur : difficile de prendre part aux discussions enjouées qui naissent ici et là en attendant un bus ou à la terrasse d'un café, de négocier ou même de contester quand vous vous faites rouler... 

Si la nature est grandiose, aucune ville visitée n'a suscité de coup de coeur. Pas même Rio... Son emplacement au pied des collines et autour de la baie de Guanabara est incroyable. Mais la ville en soit est assez chaotique. Trop de voitures (par exemple, la rue à 10 voies longeant Copacabana et Ipanema donne l'impression sonore d'être au bord de l'A86 quand vous êtes sur votre serviette), des constructions sans harmonie, une architecture sans charme (peu de quartier historique, si ce n'est à Salvador de Bahia, mais là on est presque à DisneyLand)... Il ne fait pas bon y vivre pour les piétons. Seule la ville de Lençois dans l'état de Bahia nous a semblé agréable. 
Et comment parler du Brésil sans parler des inégalités ? C'est dans les grandes villes qu'elles nous ont le plus frappées, avec des quartiers très occidentaux avec de magnifique musées quelques rues plus loin des favelas avec des cases en briques s'empilant les unes sur les autres. Les quelques Paulistas (habitants de Sao Paulo) rencontrés se repéraient de loin : ils étaient tous bilingues avec un train de vie confortable. 
Enfin, le Brésil est le pays des apparences. Un cliché aussi, on le concède, mais vrai. Les hommes vont au club de gym pour faire de la gonflette, et les filles se font refaire poitrine et/ou fesses. Tout cela dans le but d'inonder les internets de selfies qu'ils prennent à tour de bras (musclés).

3. Notre TOP 3

- Le trek dans les Lencois Maranhenses : des paysages uniques et une expérience hors du temps.
- Le trek dans la Chapada Diamantina et Lençois : des randonnées en pleine forêt tropicale, avec cascades et des vues qui nous ont coupé le souffle.
- Le séjour à Jericoacoara : un petit paradis hippie où nous avons fait de belles rencontres.

4. Notre FLOP 3

- Le transport, dans son ensemble, avec une palme pour les 30h de bus entre Salvador et BH.
- Le village d'Atins : sans intérêt si vous ne faites pas de kitesurf car bien trop de vent pour poser sa serviette.
- Belo Horizonte : une grande ville peu agréable et sans intérêt historique ou architectural.

5. Notre meilleur repas

Celui que nous avons partagé avec les israéliens et les belges à Jericoacoara.
Pas de coup de coeur pour la cuisine brésilienne, hormis les pâtisseries, et spécialement celles de la boulangerie sous notre auberge à Santa Teresa lors de notre 2nd passage à Rio.

6. Notre pire repas

Le buffet à volonté pour 10 reales / personnes (moins de 3 euros) à proximité de la gare routière de Belo Horizonte un dimanche soir. Ambiance glauque : troquet vide hormis quelques clochards nous demandant des bouchées...

7. Le meilleur brésilien rencontré

Patricio, notre guide pour le trek dans les Lençois Maranhenses. Un jeune papa de 28 ans, sherpa du désert (il y passe un tiers de sa vie) et connus de tous dans le coin. Un bon fumeur de joints très peace à la vie intérieure probablement très riche.

8. Notre pire galère

La panne de taxi en pleine 4 voies à 22h entre Sete Lagoas et Belo Horizonte.
Aussi : le taxi qui nous abandonne à Paulino Neves en pleine nuit car il préfère rentrer chez lui plutôt que nous conduire jusque Barreirinhas.

9. Le budget 

Lors de notre voyage, le taux de change était le suivant : 1 euro = 3,7 reales.
Ci-dessous les dépenses pour 2 en euros pour 35 jours de voyage.

Total : 3600 euros, soient 103 euros / jour.

C'est le budget que nous avions (sous) estimé pour 6 semaines.

Tranport : 33% - 1180 euros
560 euros d'avion (2 vols) et 620 euros de bus (83h chacun).
Nous avions clairement sous-estimé ce poste et avons dû prendre des vols en dernière minute pour limiter les heures passées en bus.
Logement : 24% -  25 euros / nuit soient 875 euros

Nous avons dormi uniquement dans des chambres doubles privatives, au plus bas prix possible (salle de bain partagée), sans tomber dans des logements trop glauques (pas de note inférieure à 7,5 sur booking.com).
Excursions et divers : 24% - 850 euros dont 700 euros pour les 2 treks de 3 jours
Alimentation et boissons: 19% - 20 euros / jour soient 700 euros
C'était la variable d'ajustement. Nous n'avons fait que 5 vrais restaurants en tout. Majoritairement des pic-nics, et plusieurs buffets au kilo (repas consistant à moins de 6 euros).

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