dimanche 18 février 2018

Ă€ Quito, chez Monsieur l'Ambassadeur

Direction l'Equateur 🇪🇨

Nous quittons la douce plage de Máncora pour nous rendre Ă  Quito en Equateur. La premier bus nous mène jusqu'Ă  Guayaquil, la plus grosse ville du pays, situĂ©e Ă  6h de bus. Le trajet est assez fatiguant puisque nous quittons Máncora vers 23h et devons passer la frontière 2 heures plus tard, alors que nous dormons paisiblement. Le passage de frontière est une simple formalitĂ©, et heureusement car nous sommes bien dans le pâtĂ©. A Guayaquil, nous changeons de bus et grimpons dans un vĂ©hicule un peu moisi de la compagnie PanamĂ©ricaine. Le trajet jusque Quito dure 8 heures. C'est long et inconfortable. Le changement de bus nous permet nĂ©anmoins de faire la connaissance de Brian un jeune colombien de 17 ans. Il vit Ă  Cali dans le Sud de la Colombie et est venu assister Ă  un concert Ă  Guayaquil. Le mec a traversĂ© tout l'Equateur pour assister au concert de son groupe prĂ©fĂ©rĂ©. Ă€ 17 ans ! Ă€ l'aise ! 


Premiers pas Ă  Quito


Nous quittons notre ami Brian Ă  la gare routière de Quito. Nous nous dirigeons vers le centre ville tandis que lui continue son pĂ©riple vers la Colombie. Nous posons nos affaires dans un hĂ´tel un peu miteux du centre avant de contacter Charles, un ami de Charlotte vivant Ă  Quito, auquel nous avions gentiment proposĂ© de nous hĂ©berger. 

Lundi matin, alors que Charlotte raconte sa vie sur Skype, Alex en profite pour aller se faire tailler la barbe chez un barbier du coin. L'après-midi, free walking tour dans Quito. Nous sommes un groupe d'une quinzaine de personnes. Le guide, un équatorien de 35 ans environ nous fait sillonner le centre historique pendant près de 4h. L'homme est passionnant. En plus de nous parler des différents monuments, il nous donne plein d'explications sur l'histoire de l'Equateur et nous partage sa vision de la société équatorienne actuelle. C'est probablement le meilleur free walking tour que nous ayons fait depuis le début du voyage !


Une bien belle façade 
Charlotte en mode touriste
Le Mercado Central, dĂ©sert 
Plaza de la Independencia
L'ancienne université Jésuite maintenant reconvertie en Bibliothèque Nationale
Le plus bel hĂ´tel de la ville (=pas le nĂ´tre)
La garde prĂ©sidentielle 
La Vierge de Legarda, patronne de Quito 
Le quartier bobo de La Ronda
Charlotte vs street art


Chez Monsieur l'Ambassadeur


Apres cette longue promenade, nous récupérons nos bagages et direction l'Alliance Française pour retrouver Charles qui y travaille en tant qu'attaché culturel de l'ambassade. Nous débarquons dans son bureau en tenue de backpackers, un peu pouilleux, tandis que lui nous accueille en costume. Le décalage est cocasse.


Selfie avec ce bon vieux Charlie 

Il nous accompagne chez lui, dans son immense duplex sur les hauteurs du quartier rĂ©sidentiel de Guapulo. Nous sommes aux anges. Nous passons la soirĂ©e tous les 3 dans un petit bar Ă  cĂ´tĂ© de chez lui Ă  boire des bières et discuter. Il nous explique son mĂ©tier d'attachĂ© culturel. RattachĂ© Ă  l'Alliance Française de Quito, il est en charge du rayonnement culturel de la France en Equateur. Concrètement cela consiste Ă  organiser des manifestations culturelles et faire se produire des artistes français ou francophones en Equateur. L'Equateur est un petit pays oĂą l'industrie de la culture est encore peu dĂ©veloppĂ©e. De ce fait, l'Alliance Française y est un des plus gros acteurs ce qui fait en quelque sorte de Charles un gros ponte du showbiz. 


La demeure de M. l'Ambassadeur
Vue depuis l'appart
L'Alliance Française 

Nous le retrouvons le lendemain pour dĂ©jeuner Ă  cĂ´tĂ© de l'Alliance Française. C'est l'occasion de rencontrer quelques-uns de ses collègues. Nous allons ensuite visiter le musĂ©e Guayasamin. Oswaldo Guayasamin est l'un des plus grands artistes Ă©quatoriens. DĂ©cĂ©dĂ© en 1999, il a lĂ©guĂ© Ă  sa ville natale de Quito son ancienne demeure ainsi qu'un gigantesque centre culturel dont il avait entrepris la construction. Les deux Ă©difices rassemblent plus de 3000 Ĺ“uvres de sa production ou issues de sa collection personnelle.


La modeste demeure de Guayasamin
La vue est sympa
L'atelier du maĂ®tre 
Peinture en cours
Portrait du musicien espagnol Paco de Lucia 
Toile dont nous avons oublié le nom
L'Arbre de Vie, au pied duquel est enterré Guayasamin

Le soir nous dînons chez Charles. Il nous fait écouter ses musiques du monde: les artistes français qu'il souhaite faire venir à Quito, les artistes équatoriens et sud-américains qu'il a découvert... Un beau moment de découverte musicale.

Le mercredi, nous retournons dans le centre historique. Nous visitons la très richement dĂ©corĂ©e Ă©glise de la Compañía. C'est simple, dans cette Ă©glise JĂ©suite il y a juste de l'or partout. Un bel exemple d'architecture baroque. 

Nous enchaĂ®nons par la visite du palais prĂ©sidentiel. Celle-ci commence par 2 salles expliquant l'histoire de l'Equateur que la guide expĂ©die en 3 minutes chrono. S'ensuivent 2 immenses salles regroupant les cadeaux (moches) reçus par l'ancien prĂ©sident Rafael Correa. Nous avons le plaisir d'admirer de magnifiques stylos, sabres, verroteries et autres bibelots de plus ou moins bon goĂ»t et d'un intĂ©rĂŞt plus que limitĂ©. Après avoir visitĂ© les salles de rĂ©ceptions et d'exercice du pouvoir, nous terminons par une photo officielle sur les marches du palais. Cela s'annonce compliquĂ©. Il faut 20 minutes au staff du palais pour dĂ©nicher le photographe, et encore plus pour imprimer les photos si bien que nous partons sans la notre. Cette charmante attente nous permettra d'arriver juste après la fermeture de la basilique du "Voto Nacional" d'oĂą il est possible d'avoir une (paraĂ®t-il) splendide vue sur Quito. Nous dĂ©cidons d'abrĂ©ger cette journĂ©e en demi teinte et rentrons chez Charlie pour prĂ©parer notre sĂ©jour en Amazonie.  


Manifestation en faveur du "Oui" au rĂ©fĂ©rendum. SponsorisĂ©e par le gouvernement. 
Fresque de Guayasamin dans le palais présidentiel


Nous passerons 4 jours et 5 nuits dans la forêt amazonienne du côté de Tena. Le récit de cette aventure est à découvrir très prochainement #teaser.

Nous revenons de ces 4 jours plus pouilleux que jamais (certains diront même malodorants !) mais avec de très beaux souvenirs. Nous passons une dernière soirée avec Charles et reprenons la route le lendemain midi pour Otavalo, charmante petite ville au Nord de Quito.

Un lĂ©ger dĂ©calage vestimentaire 

Rencontre improbable Ă  Otavalo


Alors que nous arrivons Ă  la gare routière de Quito, un petit personnage nous aborde et commence Ă  discuter avec nous. Il s'appelle Antonio, il a la cinquantaine, il est Kichwa et se rend Ă  Otovalo Ă©galement. Nous ferons donc la route en sa compagnie. Nous discutons un peu. Il nous dit avoir vĂ©cu Ă  Marseille. Il a un fils de 30 qui vit toujours en France avec lequel il ne parle que rarement car son fils ne parle pas l'espagnol et lui ne maitrise pas le français. Il est assez touchant. Il nous propose de nous faire visiter le coin. Il a une voiture, il peut nous emmener faire un tour avec lui mais l'un de nous doit conduire car il a horreur de ça. C'est un peu bizarre mais nous convenons tout de mĂŞme de nous retrouver le lendemain Ă  midi sur la place d'Otavalo. Cela nous laisse la nuit pour rĂ©flĂ©chir et dĂ©cider d'y aller ou non. 

Otavalo est célèbre dans tout le pays pour son grand marché d'artisanat. Nous y allons de bon matin. Le marché est pratiquement désert. Nous déambulons tranquillement dans les allées au milieu des hamacs, ponchos, tapis, sacs et souvenirs en tous genres. Charlotte, qui bride ses pulsions shopping d'artisanat depuis plus de 4 mois, est dans tous ses états. Nous avons convenu de ne rien acheter jusqu'aux 3 semaines avant le retour pour ne pas se charger inutilement. Elle craque finalement pour 2 écharpes en laine ainsi que pour 2 ceintures de la région, car "ça on n'en trouvera pas en Colombie!". Elle devra les transporter jusqu'à la fin voyage !!


Chasse aux bonnes affaires
Des hamacs colorés
Plus de hamacs colorés

Midi approche. Après une courte rĂ©flexion, Charlotte fini par convaincre Alex d'y aller, lequel n'avait pas très envie de conduire la voiture d'un inconnu. Mais bon, on verra bien et le bonhomme avait l'air sympathique. Nous retrouvons donc Antonio sur la grande place Ă  midi pĂ©tante et nous partons tous les 3 chez lui dans le village mitoyen de Peguche. Il tient la-bas un restaurant touristique qui accueille des tours organisĂ©s et sert aux touristes des plats typiques. 

Nous montons dans sa voiture. Un vieux 4x4 Hyundai affichant 190000 km au compteur. Alex prend le volant. Antonio et Charlotte s'installent Ă  l'arrière. Alors que nous roulons, Antonio sort son tĂ©lĂ©phone et demande Ă  Charlotte d'appeler son fils. Comme ils ne peuvent pas communiquer, elle servira d'interprète. Le jeune homme au bout du fil semble un peu surpris par l'appel. Charlotte lui explique la situation et lui pose les questions soufflĂ©es par Antonio. Instant Ă©motion. Les deux hommes ne s'Ă©taient pas parlĂ©s depuis 3 mois. 

Nous continuons notre route avec toujours Alex en chauffeur et Charlotte en interprète (malin le Antonio) jusqu'Ă  arriver au premier point d'intĂ©rĂŞt, le lac Cuicocha. Ce lac de 3km de circonfĂ©rence est situĂ© dans le cratère du volcan Ă©ponyme, pas totalement Ă©teint. On voit d'ailleurs de petites bulles de soufres remonter Ă  la surface. C'est un peu un mini lac Titicaca. Nous faisons un tour en bateau dans le cratère, l'occasion pour Alex de tenter de photographier les rares poules d'eau qui y vivent. 

Les pieds dans l'eau au lac Cuicocha
Ballade en bateau avec Antonio
Une poule d'eau qui détale
Vue sur un des Ă®lots 
Le lac danc le cratère

Nous nous rendons ensuite au belvĂ©dère "El Lechero" oĂą se trouve un vieux Lechero, arbre 5 fois centenaire et lieu sacrĂ© pour les indigènes de la rĂ©gion. C'est l'occasion d'admirer la province voisine d'Imbabura et de casser la croĂ»te. Nous partageons notre picnic avec Antonio tandis que celui-ci nous en dit un peu plus sur sa vie. Son business fonctionne manifestement très bien puisqu'il envisage de voyager prochainement en Europe et d'y faire 15 000$ de shopping. Il nous donne Ă©galement son opinion sur l'ancien prĂ©sident Ă©quatorien Rafael Correa. Contrairement Ă  notre guide du Free Walking Tour, Antonio semble plutĂ´t apprĂ©cier l'ancien prĂ©sident qui, malgrĂ© des soupçons de corruption, a considĂ©rablement dĂ©veloppĂ© les infrastructures du pays et fait reculer drastiquement la pauvretĂ©. 


Le Lechero sacré
Antonio et Alex qui cassent la croĂ»te 
Le volcan Imbabura
La province d'Imbabura


Nous retournons sur Peguche pour aller admirer la cascade du village. Antonio qui est un peu fatigué ne nous accompagne pas. 3 photos et 5 piqûres de moustiques plus tard, nous repartons pour notre derniere étape: un atelier de fabrication de ponchos. Une des familles du village est spécialisée dans la fabrication de ces grands ponchos en laines et inonde de sa production les marchés d'artisanat de la région. C'est de ce genre d'endroit que vient cet artisanat que nous avons croisé un peu partout durant notre voyage. Nous n'achetons rien car la perspective de nous trimballer un poncho de 2kg pendant les 6 semaines restantes ne nous enchante guère.


Vers la cascade de Peguche
Charlotte déesse de l'eau

C'est sur cette note que s'achève notre tour avec Antonio. Ce fut une très belle expérience de rencontrer cet homme. Malgré le gros succès de son affaire, il reste humble, vit simplement, est assez réservé et l'épisode avec son fils était vraiment touchant. Nous étions un peu indécis (surtout Alex) à l'idée de nous embarquer dans ce tour. On se demandait pourquoi il faisait ça, s'il n'y avait pas une arnaque. Finalement non. Sa proposition était de bon cœur, totalement désintéressée, seulement pour nous faire découvrir sa région et tromper la solitude le temps d'une journée.


Avec notre (petit) ami, devant son restaurant

Bons plans đź‘Śđź‘Śđź‘Ś


- Free Walking Tour Quito (freewalkingtourecuador.com). Près de 4 heures de visites et d'explications sur le centre historique et la sociĂ©tĂ© Ă©quatorienne. Le guide, Etiele, est super dynamique et passionnant. Le meilleur Free Walking Tour du voyage. 

- MusĂ©e Guayasamin. L'occasion de dĂ©couvrir un grand artiste dont les oeuvres ne laissent pas indiffĂ©rent. L'entrĂ©e du musĂ©e inclus les visites guidĂ©es de la maison/atelier de Guayasamin ainsi que de la "Capilla del hombre", le gigantesque musĂ©e mitoyen construit par l'artiste.  

- L'Alliance Française de Quito. Si vous souhaitez tuer le temps, c'est l'endroit idéal pour chiller en lisant des BDs, écouter de la musique ou encore jouer à la console. On peut également y assister à de nombreuses conférences et découvrir des expositions. Tout cela gratuitement !

- La ville d'Otavalo. Une très belle ville équatorienne à seulement 2 heures de bus de Quito. Sa belle architecture coloniale et son atmosphère paisible en font un endroit idéal pour déambuler. Le marché d'artisanat vaut largement le détour pour y faire de belles affaires. Mieux vaut y aller un jour autre que le samedi afin d'éviter la foule.

- Bus Quito/Otavalo 2 USD pour environ 2 heures de trajet. Départ toutes les 15-20 minutes depuis le terminal nord de Carcelén.


Mauvais plans đź‘Žđź‘Žđź‘Ž


- La visite du palais présidentiel. Bien que gratuite, cette visite n'a aucun intérêt. La guide donne très peu d'explications sur le pays ou ses institutions. Il s'agit essentiellement d'une visite à la gloire de l'ancien président Rafael Correa, la majeure partie de la visite consistant à admirer les nombreux cadeaux qu'il a reçus durant ses mandats.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire