lundi 19 mars 2018

3 jours dans le (pas si) sauvage Parc Tayrona

Nous avons décidé de passer 3 jours et 2 nuits dans le parc national de Tayrona, sur la côte Caraïbe à quelques dizaines de kilomètres de Santa Marta. Ce parc naturel, sans voiture et assez sauvage, a la réputation d'héberger les plus belles plages du pays. Nous sommes donc très excités à l'idée d'y aller. 





Les préparatifs de l'expédition  


Nous avions glané pas mal d'informations pour préparer ces quelques jours. Il en ressortait que l'hébergement et surtout la nourriture dans le parc étaient assez onéreux. Nous avons donc choisi de ramener de quoi préparer nos repas. Il est apparement possible de cuisiner au feu de bois dans certains campings. Nous passons donc au Exito du coin (le Casino local) pour faire le plein de denrées alimentaires: 500g de riz, du thon en conserve, du pain, du fromage, du jambon, des gâteaux, 4 litres d'eau et un ananas (une idée d'Alex). 

Jour 1: Arrivée dans le parc


C'est avec nos deux petits sacs pleins à craquer que nous arrivons, le matin du dimanche 4 mars, à l'entrée du parc Tayrona. Celui-ci était fermé tout le mois de février pour repos hivernal. Nous pensions donc qu'il y aurait une forte affluence à la re-ouverture. Mais non ! Personne ! Nous avons bien fait d'acheter nos entrées en avance ! Nous hésitons quelques instants à monter dans l'une des navettes qui proposent de parcourir les 5 kms nous séparant du premier camping de Castilletes. Finalement, nous décidons de marcher, économisant ainsi 3000pesos (1 euro) chacun. Une belle affaire. 

Marche dans la jungle domestiquée 
Une bonne mule

Nous marchons tranquillement le long de la route jusque Castilletes puis continuons sur le sentier tracé dans la jungle jusqu'à la plage d'Arrecifes. Il est près de 13h. Le soleil tape bien. Nous nous posons sur un gros caillou au bord de l'eau pour déguster notre délicieux déjeuner à base de sandwichs.


Première vue sur la plage
Charlotte face à l'océan
Le gros caillou où nous avons pic-niqué

Après cette petite pause, nous continuons notre chemin le long le la côte. Nous recroisons la route de Christine, la vigoureuse retraitée avec laquelle nous avons découvert la Ciudad Perdida. Elle est également venue se ressourcer dans le parc, mais sans prendre l'option nuit à l'intérieur. Quelques minutes plus tard, nous retombons cette fois sur Emilio notre ami espagnol. Il est accompagné d'une argentine qu'il a rencontrée lors de ses précédentes aventures. C'est donc tout les 4 que nous nous dirigeons vers la plage de Cabo San Juan, réputée la plus belle du parc. 




La plage de Cabo San Juan vue de haut
Cabo San Juan
Le camping éponyme 
Alex est super content

Elle est effectivement aussi belle que bondée. La présence toute proche d'un camping explique cette forte affluence. Nous finissons par poser nos affaires sur une plage naturiste (nous nous en rendons compte au bout de quelques instants) et déserte pour profiter de la fin d'après-midi.


Retour dans la jungle

Nous retournons sur Arrecifes un peu avant la tombée de la nuit car nous n'avons toujours pas d'endroit où dormir. En chemin, nous croisons une famille de singes qui se balade paisiblement d'arbres en arbres.
Nous atterrissons dans un camping un peu cheap où nous louons 2 tentes simples pour la nuit. Elles sont un peu petites (Alex a les pieds qui dépassent) mais ont le mérite d'avoir des matelas corrects. Après une bonne douche en pleine air, nous partons cuisiner. Nous n'avons rien prévu de sophistiqué sachant que nous devons cuisiner au feu de bois néanmoins, cela sera encore plus compliqué que prévu. La "cuisine" ne dispose que d'une unique marmite. Nous devons donc attendre que 2 couples finissent de préparer leur repas avant de nous atteler au notre. Le feu est plus que capricieux, et nos prédécesseurs ne semblent pas trop maîtriser les principes de la combustion aussi cela prend pas mal de temps. 


Tentative de faire du feu

Nous galerons également à faire bouillir notre eau faute de bois sec mais nous finirons par y arriver en utilisant des coques de noix de cocos. C'est donc 2 heures plus tard ,bien fumés et dans le noir, que nous savourons une délicieuse portion de riz accompagnée de sa boite de thon sur son lit de petits oignons, en compagnie d'Emilio qui nous a rejoint. Un régal !


La (modeste) cuisine de jour

Jour 2: Plage, plage et plage




Emilio et Alex chez Fabito

Réveil de bonne heure le lendemain matin et petit déjeuner au bar El Rincon de Fabito, sur la plage d'Arrecifes. Pour le prix d'un café, nous squattons une table ayant vue sur mer, avec nos tartines et notre ananas. Nous passons la journée sur la belle plage de Cabo San Juan en compagnie d'Emilio. Vers 15h, celui-ci nous quitte. Il rentre en Espagne dans 2 jours et doit donc prendre un avion à Santa Marta. Un petit instant de mélancolie nous frappe lorsqu'il nous quitte. C'est la fin de son voyage de 4 mois. Dans 48h il sera de retour dans sa ville de Girona en Catalogne. 

Méditation sur la plage
Fin de journée à Cabo San Juan

Le soir, nous changeons de camping pour un peu plus de confort et de propreté. Nous troquons nos 2 petites tentes contre une grande tente double. Le luxe ! En revanche, il est interdit de se doucher après 20h. Les employées du camping coupent l'eau alors que Charlotte est encore sous la douche. Nous sommes obligés de leurs raconter des bobards pour qu'elles rétablissent l'eau. Nos dînons ensuite au restaurant du camping après avoir erré dans le parc en quête d'un repas bon marché. 28000 pesos pour un poulet au riz, entourés d'adolescentes québécoises. Yumi !


Notre chambre pour la nuit


Jour 3: On peaufine le bronzage



Le lendemain, dernière journée dans le parc. Alex casse la noix de coco qu'il a ramassée la veille à grands coups de hache. Ça sera parfait pour nous sustenter le midi. 


Alex fier d'avoir ouvert une noix de coco

Nouveau petit dej en mode gitan dans le bar de Fabito, le même que la veille, puis nous partons poser nos serviettes sur une autre plage au doux nom de la piscina (=la piscine). Pour se protéger du soleil, Alex nous construit un abris de fortune avec des palmes de palmiers. 
Nous profitons de la tranquillité du lieu vide de monde. Notre tranquillité s'achève lorsqu'un groupe de retraités français décide de s'installer juste à côté de nous. Nous avons droit au spectacle burlesque et bruyant de Martine, Véro, Sylvie, Roger et consorts barbotant dans l'eau. "Attention Véro, il y a une baleine derrière toi !" Grosse marade. Heureusement, l'heure du déjeuner approche et ils ne restent pas bien longtemps. 


Géo Trouvetou sous son abris
Photo d'art
La piscina avant l'arrivée de Josiane et sa bande
Pareil mais de l'autre côté 
Face à la mer 🐳
Alex regarde l'eau
Photo de couple sur la plage
Photo de couple dans l'eau

Nous profitons encore quelques heures de la plage puis nous nous mettons en route pour quitter le parc. La marche jusqu'à Castilletes nous semble plus rapide qu'à l'aller, en revanche, les 5 kilomètres le long de la route nous semblent eux interminables. Comme nous sommes des pinces, nous n'avons toujours pas voulu prendre la navette et débourser nos 3000 pesos. Nous arrivons à la sortie du parc sur les rotules mais bien contents de ces 3 belles journées.

Nous sautons dans un bus pour Santa Marta, et direction l'auberge où nous avons laissé le gros de nos affaires. Celle-ci affiche malheureusement complet pour la nuit, nous obligeant à déménager quelques blocs plus loin. Une fois installés dans notre nouvelle auberge, nous nous préparons 4 énormes hamburgers, bien nécessaires après 3 jours de régimes riz/thon en boîte. Nous nous couchons le ventre près à exploser, éreintés après cette longue journée. 

Le parc Tayrona est sans conteste l'un des bijoux de la Colombie. La nature y est presque vierge d'activité humaine et les plages magnifiques. Nous avons eu la chance d'y être juste après sa réouverture. Le parc était donc tout propre mais, au vue des quelques déchets apparaissant au fil des jours, nous sentions bien que tout le monde n'était pas très respectueux de la nature. 


En tenant la rampe, Charlotte se déplace sans risque dans la jungle

Nous avions lu dans pas mal de blogs que la marche d'accès était d'une grande difficulté, que l'humidité rendait tout mouvement pénible et que les moustiques proliféraient. Ça n'est clairement pas ce que nous avons vécu. La marche peut être limitée à 1h30 entre Castilletes et Arrecifes plus une heure entre Arrecifes et Cabo San Juan. Il y a bien quelques collines à grimper mais rien de méchant. Pour les passages dans la jungle, il y a la plupart du temps des passerelles en bois, ce qui ôte toute difficulté. Charlotte a passé les 3 jours en sandales, sans aucun souci. Pour les fainéants ou les anti-sportifs, il est même possible de faire ces trajets à cheval et/ou de faire porter ses affaires. Un peu partout dans le parc, des colombiens "a la orden" vous proposent ce genre de service. Enfin, concernant l'humidité et les moustiques, pas de micro-climat dans le parc. Ça n'est pas pire qu'à Minca ou dans la Ciudad Perdida. 

Bien préparer son séjour dans le parc Tayrona 👌👌👌


Il serait dommage de ne pas passer au moins une nuit dans le parc Tayrona, de peur de dormir en tente (ou hamac), du trop plein d'humidité ou de l'abondance de moustiques. L'immense avantage de braver ces maigres dangers est de profiter du parc et de ses plages bien avant que le gros des visiteurs n'arrivent (vers 10h30-11h) et d'y rester bien après que ceux-ci ne repartent (à partir de 15h30-16h).

Les prix de l'hébergement sont plutôt honnêtes (54000 pesos pour la tente double). Les tentes sont relativement confortables avec leurs gros matelas. 
En revanche le prix de l'eau et de la nourriture est très élevé. 6000 pesos la bouteille d'eau d'un litre et impossible de trouver un plat à moins de 25000 pesos. 

Notre conseil, faire le plein d'eau et de nourriture pour votre séjour. En prenant les navettes à l'intérieur du parc, il n'y a qu'une grosse heure de marche jusqu'aux campings d'Arrecifes. Le premier (et le plus quali) dispose de lockers à l'ombre où vous pouvez laisser votre nourriture sans risque. On nous avait dit que tout pourrissait à cause l'humidité mais nous n'avons pas eu de souci.  Enfin, concernant les moustiques, nous n'en avons quasiment pas croisé. Un bon répulsif le soir suffit à les éloigner. 

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