mercredi 7 mars 2018

Des débuts chaotiques en Colombie

Après seulement 2 petites semaines en Equateur, nous quittons le pays vers l'une des destinations dont on nous a le plus vanté les mérites tout au long du voyage: la Colombie. Nous prenons un bus sur la Panaméricaine à l'entrée d'Otavalo, direction la ville frontalière équatorienne de Tulcán d'où nous espérons rejoindre la Colombie en passant par Ipiales.



Vis ma vie de réfugié à Ipiales


Lors de notre séjour dans la jungle équatorienne, la plupart des français qui nous accompagnaient venaient de Colombie et avaient passé la frontière entre Tulcán et Ipiales. Cela leur avait pris entre 6 et 10h à cause de la foule de vénézuéliens qui souhaitent entrer en Equateur. On se disait que ça serait plus facile pour nous qui allions dans l'autre sens, qu'il y aurait moins de monde. Erreur ! Que ce soit à la douane équatorienne ou colombienne, il n'y a qu'une seule et unique file, quel que soit le sens de passage. Côté équatorien, celle-ci fait pratiquement le tour du bâtiment des douanes. Idem du côté colombien. 


Poste frontière Équatorien
Des immigrés vénézuéliens 


Nous hésitons quelques instants à ne pas remplir les formalités de sortie d'Equateur. La frontière est totalement perméable et rien ne nous empêche de rejoindre directement la Colombie. Seule la crainte de se voir refuser l'entrée en Colombie faute de tampon de sortie d'Equateur nous pousse à faire les formalités correctement. C'est donc parti pour une journée à attendre. Il est 13h et le soleil tape. La queue n'avance pratiquement pas. Les douaniers seraient-ils en pause déjeuner ? Nous avançons par intermittence ce qui nous laisse le temps de discuter avec les gens qui nous entourent, et notamment les nombreux vénézuéliens. Par milliers, ils fuient leur pays en proie à une crise économique, politique et sociale. La chute des cours du pétrole (dont l'économie du pays est totalement dépendante) accompagnée d'une inflation galopante (plus de 1000% en 2017) a entraîné des pénuries alimentaires et de médicaments ainsi qu'une explosion de la violence (plus d'infos ici). Entre 1,5 et 2,5 millions de personnes (sur une population d'environ 30 millions) ont quitté le pays depuis le début de la crise. Ceux que nous avons croisés tentaient de rejoindre les pays plus au Sud (Pérou, Bolivie, Chili, Argentine) dans l'espoir d'y trouver du travail. Ils ont avec eux d'énormes valises et ont envoyé le reste de leurs affaires par transport maritime. Malgré leur situation, ils restent plutôt optimistes et joyeux. 


Grosse marade


La file avance toujours par intermittence. Quelques mauvais rabatteurs passent parmi nous proposant des coupes files pour la modique somme de 20 dollars US. Nous voyons quelques personnes accepter. Deux gringos bedonnants, la soixantaine bien tapée et accompagnés de jeunes femmes asiatiques sautent sur l'occasion. Il mettront moins de 30 minutes à passer les formalités douanières. Dégoût. De notre côté, nous refusons de céder à la corruption et patientons donc 4h pour obtenir le précieux tampon de sortie.


Sortie d'Equateur
Entrée en Colombie 
Et on refait la queue !


Une fois celui-ci obtenu, rebelote côté colombien. La queue a bien diminué et semble avancer un peu plus vite. Il nous faudra tout de même  patienter jusqu'à 20h pour obtenir le droit d'entrer en Colombie. Près de 7 d'attente au total ! Nous qui pensions nous rendre directement à Popayán, c'est raté ! Nous quittons le poste frontière dans la nuit en partageant un taxi avec Aïn, un argentin avec lequel nous avons sympathisé dans la file. Direction le centre d'Ipiales et un repos bien mérité. 

Popayán, la cité blanche

Plus blanc que blanc


Le lendemain, nous prenons la route pour Popayán. Nous avons eu vent d'une rumeur de grève des chauffeurs mais nous trouvons sans mal un bus pour nous mener à destination. 7 heures de route dans un véhicule à moitié vide. Nous apprendrons plus tard qu'il ne s'agissait pas vraiment d'une grève telle que nous en avons l'habitude en France, mais plutôt d'une grève armée de l'ELN (Ejercito de Liberación Nacional, groupe armé de guérilleros) qui a décidé de perturber la circulation routière en faisant sauter des ponts dans le nord du pays. Ambiance. 

Nous passons 4 nuits à Popayán au Coffee Break Hostel tenu par Raymond, sympathique colombien originaire de la minuscule île caribéenne de Providencia. Nous visitons cette belle ville coloniale aux façades blanches et passons pas mal de temps à glander à l'auberge. 


Vue depuis le Morro de Tulcán 
Une rue de Popayán
La Capilla de Belén
Shooting en pleine rue
Charlotte sur la place centrale


Charlotte (encore) et le pont de Humilladero


Le mardi, nous partons passer la journée dans le petit village montagnard de Silvia, nous loin de Popayán. Une fois par semaine, il s'y tient un grand marché. Les indigènes de la région, les Guambianos, descendent des montagnes alentours pour y vendre leurs produits et faire des courses. Les indigènes sont tous en habits traditionnels ce qui donne un côté très folklorique. Ce qui l'est un peu moins, ce sont les touristes munis de téléobjectifs qui mitraillent à tout va, allant jusqu'à pourchasser les indigènes pour les prendre en photo.

Le marché de Silvia
La section des viscères 
De nombreuses variétés de patates
Des ananas en masse
Des pavés de sucre
La boucherie
Un couple de Guambianos en tenue traditionnelle 
Repos après le marché
Un car local
Escapade dans les environs de Silvia
Selfie au milieu des champs
Charlotte qui course un poney
Des fruits ... surprenants 

San Agustín


2ème étape colombienne: San Agustín et ses vestiges pré-colombiens. Située à moins de 150 km de Popayán, il nous faudra plus de 6h de minibus pour nous y rendre. Et pour cause, nous devons traverser la Cordillera Occidentale, prolongement des Andes, sur une route en bien mauvaise état. Nous atterrissons dans une superbe auberge, le bambu Hostel, dont le propriétaire espagnol est tout bonnement imbuvable. Nous y retrouvons un couple de jeunes retraités français qui étaient dans la même auberge que nous à Popayán. 


La cuisine du Bambu Hostel


Le lendemain matin, nous partons marcher dans le parc archéologique de San Agustín. Il s'y trouve plus de 130 statues taillées dans de la roche volcanique et dont certaines atteignent les 7 mètres de haut. Elles ont été érigées il y a plus de 3000 ans par de mystérieuses peuplades sur lesquelles nous n'avons que très peu d'information. Les archéologues supposent que ces statues auraient eu une fonction funéraire. 

La place principale de San Agustín
Alex à la recherche d'un logement


Le parc est parfaitement entretenu et il est très agréable de s'y promener. Il nous faudra toute la mâtinée pour le parcourir. Ce ne sont probablement pas les vestiges pré-colombiens les plus impressionnants que nous ayons pu admirer néanmoins, ils sont totalement inédits. Aucune similitude avec les ruines Incas de Cusco ou les trésors de Sipán.

Une statuette malicieuse
Un idole antropomorphe
Un ancien tombeau
Alex tenant un arbre
Une belle tarentule
Le pont de la rivière Kwaï
Un demi Doritos souriant
Vue de ouf
Alex dans la forêt


L'après-midi nous continuons notre tour archéologique en allant voir 2 autres sites des environs: El Tablón et La Chaquira. Depuis le belvédère de La Chaquira, nous apprécions la vue sur la vallée du Rio Magdalena, l'un des 3 plus grands fleuves de Colombie. Après 6h de marche, nous rentrons bien crevés à l'auberge où le propriétaire nous gratifie de quelques magnifiques sorties (comme se vanter de tout l'argent qu'il gagne et des nouvelles techniques marketing qu'il met au point pour avoir encore plus de clients...). Un bon champion celui-là. 


La vallée du rio Magdalena 
Trouvez les 7 differences ! 

Finalement nous ne resterons que 2 nuits à San Agustín. Nous avons déjà perdu pas mal de temps dans les transports depuis notre arrivée en Colombie et il nous reste encore beaucoup à découvrir de ce grand pays. La fin du voyage pointe doucement le bout de son nez, il ne nous reste plus autant de temps que nous le souhaiterions. Nous décidons donc de faire l'impasse sur les autres attractions de la région et de rejoindre directement la zone des plantations de cafés (zona cafetera) et le paisible village coloré de Salento.


Un début difficile


Notre première semaine en Colombie a été un peu difficile et sous certains aspects, décevante. Avec un peu de recul, nous voyons 3 raisons à cela: 

- Nous avions de grosses attentes concernant la Colombie. Depuis le début du voyage, nous avons rencontré beaucoup de gens qui nous parlaient de ce pays avec des étoiles dans les yeux. Inconsciemment nous nous attendions à quelque chose de grandiose et avons immanquablement été déçus.

- Sur les 8 premiers jours, nous en avons passé 1 à attendre à la frontière et 3 dans des bus inconfortables pour toute personne de plus de 1m65. Pas vraiment fun.

- Notre arrivée en Colombie coïncide aussi avec le moment où nous nous sommes rendu compte que la fin approchait. Comme le pays est immense et qu'il y a énormément à faire, nous avons du planifier quasiment l'intégralité de nos 5 semaines. Fini l'insouciance. On retombe dans une façon plus traditionnelle de voyager (type congés payés) où l'imprévu n'est plus le bienvenu. 
Fort heureusement la suite ne sera que meilleure.

Passage de frontière Equateur - Colombie entre Tulcán et Ipiales. 


Facile et sans danger, ce passage de frontière nécessite néanmoins une journée entière du fait de la forte affluence des vénézuéliens. Depuis Tulcán, il faut prendre un taxi collectif pour rejoindre la frontière (environ 1USD par personne). Il faut ensuite remplir les formalités administratives des 2 côtés puis rejoindre Ipiales en taxi (8000 COP le trajet).

Bons plans 👌👌👌


- Coffee Break Hostel à Popayán. Un hostel tout neuf dans une ancienne maison coloniale à quelques blocs du centre. Le gérant, Raymond, est adorable et n'hésitera pas à vous donner plein de conseils sur les îles de San Andrés et Providencia dont il est originaire.   

Mauvais plans 👎👎👎


- Bambu Hostel à San Agustín. Même si l'hostel en soi est génial, son propriétaire est un gros c*n.

- Les bus en Colombie. Les routes colombiennes sont globalement en mauvais état et les bus loins d'être tout confort. Il n'y a pas de bus cama ou semi-cama comme dans tous les autres pays d'Amérique du sud. De plus comme le pays est très montagneux, on roule en moyenne à 40km/h. Il est donc préférable de prendre l'avion pour se déplacer. En s'y prenant un peu en avance, on peut trouver des vols à peine plus cher que le bus avec VivaColombia ou même Avianca, la compagnie nationale.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire