lundi 2 avril 2018

Bogota

Nous arrivons en avion à Bogota après 6 heures d'attente à l'aéroport de San Andrés. L'avion de Viva Colombia avait 5 heures de retard, ce que le personnel au sol s'était bien gardé de nous dire lors de l'enregistrement. Heureusement, pour nous faire patienter, la compagnie nous a offert le repas, composé d'un succulent poulet broaster et d'un soda chimico-chimique à la cerise.





Nous sautons dans un taxi pour rejoindre notre hôtel, la casa Paulina, un peu au sud du quartier de Chapinero, vers la calle 63. Ce quartier est réputé pour être un quartier alternatif, assez vivant et plus sûr que le centre historique de la Candelaria, dont on nous avait dit qu’il se transformait en véritable coupe-gorge une fois la nuit tombée. L’arrivée à l’hôtel est assez décevante. Celui-ci est miteux, le personnel moyennement agréable, la literie et le mobilier plus que vieillots. Un rapide tour dans le quartier nous indique que celui-ci est plus que glauque. Nous peinons à trouver un endroit où dîner et finissons par faire des courses au supermarché d’à côté. La casa Paulina est équipée de plusieurs cuisines en revanche, les propriétaires ont manifestement oublié d’y mettre un espace pour manger. Logique. Nous prenons le premier repas (tout comme les suivants) dans notre petite chambre sur une minuscule table. Le retour à la réalité post-Providencia est un peu brutal. 

Repas dans la studette 


La fièvre de l’or



Petite amulette en or

Le lendemain, grosse journée pour les Despacitos. Nous décidons de découvrir le centre historique de Bogota. Nous commençons par une visite guidée du musée de l’or. Ce musée renferme la plus grosse collection de bijoux en or précolombiens. C’est assez spécifique comme catégorie, mais il faut bien qu’il soit premier quelque part. Sa visite nous permet d’en apprendre un peu plus sur les Muiscas, le peuple qui vivait dans la région à l’arrivée des Espagnols. Ce peuple avait pour tradition d’enterrer ses chefs dans le lac de XXX et d’y jeter avec des objets en or. Ils considéraient l’or comme des fragments du Soleil tombés sur Terre. Les jeter dans ce lac était pour eux une façon de rendre ces fragments à la Terre, de compléter le cycle. Lorsque les Conquistadors arrivèrent en Colombie, ils étaient à la recherche du mythique Eldorado. Selon la légende il y avait quelque part sur le continent une cité indigène intégralement faite d’or. Leurs recherches restaient vaines et les pertes humaines se multipliaient aussi, quand ils arrivèrent dans la région et entendirent parler de la coutume des Muiscas et de leur lac rempli d’or, ils décidèrent de s’arrêter la et fondèrent Bogota. Pour récupérer les objets jetés dans le lac, ils l’asséchèrent en partie. Les quelques 13000 objets du musée proviennent dans leur intégralité de ce fameux lac et ne représenteraient que 2% du trésor initial.

Figurine de chaman mastiquant de la coca 
Un radeau en or 
Coquillages dorés
Petits nécessaires en or pour s'envoyer des substances hallucinogènes dans le pif  
Double paille pour le nasale
Pause café devant le musée de l'or


Après cette visite, nous déjeunons dans un sympathique restaurant de la Candelaria, le Selina qui propose également des cours de yoga. Nous enchaînons ensuite par un free walking tour. Nous en apprenons un peu plus sur la ville et sur la Colombie. Comme par exemple l’origine des 3 couleurs du drapeau : le bleu pour la mer, le jaune pour les métaux précieux et le rouge pour le sang. Ces 3 bandes de couleur sont les mêmes pour le Vénézuela et l’Equateur, les 2 autres pays de la « Gran Colombia » fondée par Bolivar lors de l’indépendances des colonies sud-américaines et qui ne dura que 10 ans (de 1820 à 1830). La visite se termine par un passage rapide au musée Botero où nous reviendrons plus tard. Ce n’est pas le meilleur Free Walking Tour que nous ayons fait, mais pas non plus le pire. Ce sentiment est probablement lié à une certaine lassitude et à notre absence de réel coup de cœur pour Bogota. Nous rentrons lessivés de cette journée à parcourir le centre et savourons un dîner bien mérité dans notre studette.


A l'entrée de la Candelaria 
La plus vieille rue de Bogotá
Comme un petit air de rue de Lappe 
Dans la Candelaria 
Alex en a pris plein la ganache 
Monument en hommage aux fondateurs de Bogotá
Plaza del Chorro
"Personne ne gagne"

Artisanat-mania

Chez Doriz Ortiz

Dimanche, nous partons enfin à la recherche d'artisanat. Charlotte est ravie. Nous avons repéré un marché aux puces dans le quartier de nord d’Usaquen. Ce quartier à une allure de petit village. Il est très agréable de s’y balader et nous ne sommes clairement pas les seuls. En revanche l’artisanat est assez décevant. Mis à part les traditionnels sacs colombiens, les ponchos et quelques hamacs pas incroyables, nous ne trouvons rien de ce que nous cherchions. Nous qui rêvions de faire le plein de tissus andins et de hamacs colorés, c’est raté ! Nous dégustons quelques empanadas argentines pour nous consoler et décidons de poursuivre notre quête dans le centre ville.


La grande place d'Usaquen
Les puces d'Usaquen


Nous y faisons le tour des boutiques d’artisanats et autres échoppes de souvenirs mais c’est à nouveau décevant. Toutes proposent les mêmes articles, arrangés différemment dans les rayons. Nous rentrons bredouilles à l’auberge. Comme il nous reste encore quelques jours en Colombie, nous envisageons même de faire un rapide aller-retour vers Quito pour retourner au magnifique marché d’Otavalo et assouvir notre besoin de shopping. Malheureusement, les prix des billets d’avion nous dissuadent rapidement. 

Lundi, changement d'hôtel. Nous quittons notre studette de la vieille casa Paulina pour un hostel bien plus moderne et convivial. Nous mettons à profit le reste de la journée pour glander intensément, repérer de nouvelles boutiques d’artisanat et découvrir notre nouveau quartier. Nous sommes à une vingtaine de rue au nord du premier hôtel, au niveau de la calle 80. Le quartier n’a plus rien à voir. Fini la zone industrielle désaffectée. Nous découvrons enfin la partie sympa de Bogota, entre gigantesques centres commerciaux et bars/restaurants branchés. Nous faisons quelques boutiques mais la plupart sont fermées à cause du jour férié.

Une ruelle colorée

Mardi, c’est enfin la débauche d’achats tant attendue. Charlotte effectue une véritable razzia sur les tissus d’une communauté indigène du nord-ouest de la Colombie. Bilan du jour : 6 carrés de tissus, une grande nappe andine, 3 hamacs, 2 ceintures et plein de bijoux. Ça n’est pas ce que nous avions initialement en tête mais c’est ce que nous avons trouvé de mieux sur place. Nous reviendrons un jour en Equateur pour acheter toutes les artisaneries du magnifique marché d’Otavalo.


Une vendeuse de rue
Alex devant une porte
La Mona Lisa de Botero
La familia
Un gros chat en chocolat
Une rue biscornue dans le musée Botero

La chasse aux émeraudes


Nous terminons la journée au Emerald Trade Center, le grand marché d’émeraudes de Bogota, à admirer quelques cailloux avec l’idée, peut-être, d’en acheter un. Les vendeurs nous prennent probablement pour de vieux pouilleux et ne nous proposent que des pierres moches et transparentes à 10$. Ils n’écoutent pas ce que nous leur disons et continuent de nous en proposer qui ne correspondent pas à ce que nous cherchons : une émeraude bien verte, bien chère. C’est quand même drôle de les voir s’affairer à nous sortir tous les cailloux de leurs collections, dans un parfait dialogue de sourd :
-       « Nous cherchons une émeraude ovale, ou ronde. 
-       Que pensez-vous de cette pierre rectangulaire ? »
Si vous êtes formateur en technique de vente, filez au Emerald Trade center. Il y a du boulot.

Pour profiter de notre dernière soirée, nous décidons de sortir (whahou folie !!). Nous prenons quelques tacos dans un sympathique restaurant mexicain puis nous allons prendre un verre au bar Andres DC. Ce bar/restaurant/grill est une institution à Bogota. Sur 4 étages, vous êtes plongé dans une ambiance assez unique. Un mélange de vintage et de kitsch mexicanisant. Comme on est mardi soir, il n’y a pas foule et l’armée de serveurs semble assez désoeuvrée. Cela ne les empêche pas de mettre 20 minutes à nous servir 2 cocktails, hors de prix et pas terribles. La serveuse nous demande même de payer avant de nous servir. Pour un bar soi-disant classe, on repassera. Les prix indiqués sur la carte n’incluent ni la TVA ni le service. La douille. On décide de ne pas payer le service. La serveuse tire la gueule (et très probablement crache en douce dans nos verres ;)). Cerise sur le gâteau, une espèce de serveur/happiness manager vient nous voir en nous demandant si tout va bien. Bof. Pas terrible. On tire un peu la tronche, on lui explique et le mec ne sait plus où se mettre. Les cocktails finissent par arriver et la soirée peut finalement décoller. On se gausse à les regarder s’affairer à ne rien faire : passer et repasser la balayette, vérifier le niveau de happiness de chacun des clients, ajuster la place des chaises autour des tables vides… Une soirée bien absurde !


Le bar d'Andres DC
Ambiance tamisée 
Ça part enfin pour nous !


Le lendemain, réveil avec un bon gros mal de crâne alors que nous n’avons quasiment rien bu. Merci Andres DC pour ton alcool frelaté ! La cervelle un peu embrûmée, nous réalisons tout juste que c’est le dernier jour du voyage. Avant de mettre un terme à ces 178 jours de périple, il nous reste une chose à faire : acheter une émeraude. Nous ne savons pas encore trop ce que nous en ferons mais ça sera un beau souvenir du voyage. Nous retournons donc au Emerald Trade Center pour revoir des pierres. La recherche est laborieuse. Comme chaque pierre est différente, nous devons être patient avant de trouver le caillou de nos rêves. D’autant plus que les vendeurs n’écoutent pas vraiment ce que nous leur disons et continuent de nous déballer leurs collections de breloques. Finalement, deux pierres, de deux boutiques différentes retiennent notre attention. Le choix est difficile. Les deux nous plaisent mais les prix vont du simple au double et bien évidemment la plus belle est également la plus chère. Après moult hésitations, c’est cette dernière que nous finissons pas acheter. Alex la gardera cachée dans sa banane-cache-sexe les 24 prochaines heures, afin de ne pas la perdre.

Après avoir donc dépensé un salaire colombien, nous retournons en bus à l’auberge pour une collation. Nous profitons du temps qu’il nous reste pour faire une dégustation de café dans un coffee shop nous loin de là, et en acheter quelques paquets.  Nous sautons en suite dans un Uber direction l'aéroport. Nous passons nos derniers instants colombiens en compagnie de Hector, jeune étudiant en école commerce, qui conduit des passagers dans tout Bogota à bord de sa Renault Logan pour financer ses études.

Au comptoir Air-France, l’enregistrement semble compliqué. La compagnie a manifestement fait du surbooking et propose aux passagers des compensations financières pour ne pas embarquer. Nous refusons. Nous n'avons pas le courage de passer une nuit de plus ici. Un groupe de senior ne s’étant pas enregistré en ligne se voit gentiment forcé de passer 2 nuits de plus à Bogota. En embarquant, nous ne comprenons pas trop la raison de ce surbooking. Au moins 30 places à coté de nous sont libres. Tant mieux, cela nous permet d'avoir 2 sièges chacun et de dormir à peu près convenablement dans l'avion. On se dit qu’il y a probablement 3 tonnes de bananes colombiennes en soute.

Arrivés à Roissy, nous sommes un peu saisis par le froid et la grisaille. Nous ne réalisons pas totalement que le voyage s'achève maintenant ni que nous sommes de retour en France. Pour l’instant nous sommes heureux d’être rentrer. Les petits désagréments du voyage qui commencent à peser et l’absence de coup de cœur pour Bogota y sont sans doute pour quelque chose. Alors que nous attendons nos bagages, encore groggy de la nuit et pleins d’émotions, nos yeux se posent sur le panneau suivant :


Welcome to France

Pas de doute, nous sommes à la maison.

Bons plans 👌👌👌


- Se loger à Bogota dans la Zona Rosa. Bogota comporte beaucoup de quartiers pas franchement beaux voir un peu craignos. Nous recommandons aux voyageurs de ne pas loger dans le quartier historique de la Candelaria. S’il est assez sympa le jour, il n’est apparemment pas possible d’y sortir la nuit. Plusieurs voyageurs que nous avons rencontrés nous l’ont confirmé. Nous recommandons le quartier de zona Rosa situé entre les carreras 7 et ?? et entre les calles 70 et 90 ? . C’est un peu éloigné du centre où se concentrent les principales attractions touristiques mais cela permet de ne pas rester terré dans l’hôtel une fois la nuit tombée. On peut rejoindre très facilement le centre en empruntant le transMilenio (métro-bus) qui coûte 2300 COP (0,6 euro) le trajet. 

- Musée de l’or. Visite guidée gratuite tous les jours à 11h. En anglais et en espagnol. L’entrée du musée est un 5000 COP, soit un bon euro et demi.

- Bar/Café/Restaurant Selina. Situé dans le quartier de Candelaria, à quelques mètres d’un restaurant indiqué dans le Lonely Planet (et donc bondé), ce charmant endroit sert de délicieux sandwichs et salades à des prix très raisonnables (moins de 15000 COP le plat).

- Restaurant Mad thai (ou Mai Thai) dans Zona Rosa. Un bon Wok et une limonade maison pour 13 000COP le midi.

Mauvais plans 👎👎👎


- Les boutiques d’artisanat. On vous recommande de faire vos emplettes à Carthagène où il y a plus de choix, avec des articles de bonne qualité et à un bon prix.


- Restaurant Andres DC. Présenté comme une institution à Bogota, ce gigantesque restaurant est une immense arnaque. Si la déco vaut le détour, les prix sont exorbitants. Les cocktails oscillent entre 30 000 et 50 000 COP (soient 10-15 euros) et ne sont vraiment pas terribles : fruits pas mûre, alcool cheap mais les verres sont jolies. Les prix sont indiqués sans les taxes (rajouter 15%) ni le service (encore 10%). Le staff bien trop nombreux (on se croirait dans une boutique Abercrombie) est moyennement agréable et peu compétent.

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