lundi 2 avril 2018

Notre bilan de la Colombie : itinéraire, les TOP et les FLOP, budget

Nous avons beaucoup aimé notre dernière étape colombienne, qui a été a la hauteur de nos attentes. Nombre de sudaméricains croisés sur la route nous avait vanté les mérites de ce pays, qui a bien plus à offrir que des légendes de narcotraficants et des plages paradisiaques.






1. En bref


Nous avons passé 40 jours en Colombie, a peu près ce que nous avions prévu. Il nous aurait fallu 2 mois pour sortir de l’itinéraire « classique » et connaître la côte Pacifique et la côte Est Caraïbe. Mais en plus de 5 semaines, nous avons fait un beau tour :

- 7 jours dans le Sud autour de Popayan et de San Agustin
- 13 jours dans le Centre dans la zone caféière, à Medellin et Salento
- 12 jours sur la côte Caraïbe
- 8 jours sur les îles de San Andres et Providencia

L'itinéraire détaillé est disponible ici.


2. Notre ressenti


Nous avons beaucoup aimé ce pays, qui vient de très loin et connaît actuellement de grandes mutations. C'est un pays un peu particulier pour nous : nous le voyions dans les journaux télévisés dans notre jeunesse, où il faisait la une pour sa violence, son narcotrafic et ses enlèvements. L'arrivée au pouvoir de Alvaro Uribe en 2004 a marqué le début du changement, et l'accord de pays signé fin 2016 avec les FARCS est emblématique. Il reste encore du chemin à faire et il convient d'eviter encore une partie du pays. Cette ouverture encore récente au tourisme rend presque tout séjour authentique. Aussi en Colombie, point de site majeur trop marketé comme le Macchu Pichu ou les chutes d'Iguazu. Les bijoux colombiens sont pluriels, encore «fraîchement» débroussaillés et peu balisés, à l'image de la Cité Perdue, du Parc Tayrona ou de Providencia. Il y a peu de monde dans les sites historiques, hormis peut être à Carthagène (et encore, c'était bien aéré lors de notre passage).

Autre avantage de cette ouverture récente, l'enthousiasme des colombiens envers les touristes. A Medellin, ils cachent à peine leur joie, avec un sourire jusqu'aux oreilles : vous êtes un signe de plus que le pays connaît un tournant. Ils sont très soucieux de l'image de leur pays, et cherchent à vous prevenir ou à vous aider lorsque vous prenez un mauvais chemin ou cherchez votre route. Quelques fois, nous nous sommes même vus proposer des repas ou des sorties en leur compagnie, lors de brèves rencontres dans des transports par exemple. C'est un peuple joyeux, avec des racines et une culture créole très importante au Nord, bienveillant et fier.

Ce qui donne une saveur particulière à un séjour en Colombie, c'est son histoire épicée voire sulfureuse. Au-delà des clichés sur les aventures de Pablo et consorts, nous avons été captivés par les luttes sociales, économiques et politiques qui ont émaillé  - et entaché – les 70 dernières années du pays. Beaucoup de coups de théâtre et de coups d'épée dans l'eau de la part de l'Etat pour parvenir à de justes propositions pour sortir le pays de l'ornière, ce qui semble enfin être le cas. Les «free walking tour» effectués à Medellin et Bogota nous ont passionné, tout comme le musée de la Mémoire à Medellin. Pour nous plonger encore plus dans cette culture, nous avons suivi la première saison de Narcos (et avons été déçu par le manichéisme américain et le traitement en voix-off) et lu un chef d'œuvre : L'oubli que nous serons de Hector Abad. Ce dernier raconte son enfance et son âge adulte dans la ville de Medellin, des années 1960 aux années 1990. C'est un très beau livre sur la relation entre un fils et son père, médecin et homme politique qui fut assassiné par les paramilitaires.

Nous nourrissions de grands espoirs sur la côte Nord de la Colombie, où nous allions passer nos dernières semaines, entre villes coloniales, forêts tropicales et plages de sable fin. Nous voulions passer nos dernières semaines de repos au soleil et au calme. Nous avons été émerveillé par les nombreux charmes de cette côte où se succèdent plusieurs sites magnifiques à quelques kilomètres les uns des autres. Les conseils avisés de nos amis sudaméricains nous ont permis d'éviter les sites les plus bondés, autour de Carthagène notamment (Playa Blanca, îles Rosario). Nous avons donc langui sur les plages du Parc Tayrona, sur du sable blanc à l'ombre des cocotiers et barboté dans une eau chaude et turquoise. La palme des plus belles plages (de tout notre voyage) revient a l'île presque déserte de Providencia, en face du Nicaragua.

Enfin, dernier atout de charme de la Colombie : son artisanat varié et coloré. Entre les sacs tissés, les hamacs, les objets de déco en bambou, tissus andins, bijoux d'inspiration précolombienne, les émeraudes… Beaucoup de belles choses, fruits d'un savoir-faire et d'une créativité uniques  On ne sait plus ou donner de la tête ! On revient avec des sacs pleins de babioles pour égayer notre petit intérieur !

Il y a quelques ombres au tableau qu'il vaut mieux connaître avant de mettre les pieds en Colombie (ce qui n'était pas toujours notre cas).
Tout d'abord, la qualité du réseau routier est très mauvaise. La géographie du pays y est certes pour quelque chose : 3 chaînes de montagne le traverse du Nord au Sud. L’absence d'investissement de l'Etat explique le reste : des route « départementales » (1 voie pour chaque sens) essentiellement, très abîmées, qui font que la vitesse des bus n'excède pas 60 km/h,voire 40km/h dans la moitié Sud du pays. Aussi les bus sont les plus inconfortables d'Amérique du Sud. Hormis quelques compagnies comme Bolivariano, il s'agit de minivan. Aussi aucun bus de nuit n'est doté de siège inclinable à plus de 120°. Donc, un conseil si vous allez en Colombie : planifiez vos trajets à l'avance et prenez l'avion. Avec un peu d'anticipation, les prix des billets d'avion de la low-cost Viva Colombia sont équivalents à ceux des bus pour des gros trajets.

Si les gens sont globalement adorables, nous devons admettre quelques petites limites. Les colombiens sont très agressifs voire insupportables quand ils font du commerce. Tout balayage visuel – même rapide - de leur étal génère un contact insistant de leur part. Boutiques, restaurants, agences de tourisme… C'est très très très pesant. Ça crie « A la orden » à tout va, l'équivalent de « à votre disposition ».

A ce brouhaha commercial s'ajoute toute une cacophonie assourdissante dans les villes colombiennes. Les coups de klaxons vont bon train : les automobilistes ne ralentissent pas en vue d'une intersection, ils klaxonnent pour dire aux autres de ralentir. Chaque magasin y va de son reggaeton abrutissant pour attirer toujours plus de clients. Ça braille, ça écoute de la musique sans écouteurs… bref, on a trouvé la Colombie bruyante ! Peut-être était-ce par que nous étions sur la fin du voyage aussi ?

Entre tous ces commerces sont lovés de petites échoppes de haute gastronomie proposant des mets plus fins que les autres. Poulet broaster (frit), boulettes frites, empanadas frites… La Colombie est le royaume de la friture ! On y a relativement mal mangé avec notre budget restreint. Nous avons trouvé qu'il y avait moins cette tradition de grand marché de produits frais dans lesquels nous faisions nos emplettes au Pérou et en Bolivie. Il y a de merveilleux fruits, mais ils sont moins mis à l'honneur qu'au Brésil par exemple ou les fruteros (marchands de fruits) et autres jugueria (boutiques de jus de fruits) inondent les rues.

Enfin, la Colombie est un pays relativement cher, plus onéreux que ses voisins péruvien et équatorien. Difficile de dormir pour moins de 20 euros à 2 en chambre privée. Les lieux les plus beaux sont très onéreux : 260 euros pour la Cité Perdue, 35 euros juste pour mettre le pied à San Andres… Les colombiens sont de bons businessmen. L'heure de bus est 2,5 fois plus chère qu'en Equateur, et au même prix qu'au Pérou mais avec un confort nettement inférieur mentionné plus haut.


3. Notre TOP 3

L'île de Providencia : 5 jours de rêve sur cette magnifique petite île loin du tourisme de masse. Certes, nous y avons mis le prix, mais entre les plages désertes, l’eau turquoise, le minuscule îlot de Crab Cay et les milliers de poissons que nous avons vu, cela valait largement le coup.

La Cité Perdue : le chemin pour y acceder, à travers la sierra Nevada est tout simplement magique. C’est la jungle telle que nous l’imaginions enfants avec des arbres immenses et des lianes qui pendent de partout. Des piscines naturelles jalonnent le parcours, ce qui est parfait pour se rafraîchir pendant la marche. Le prix est certes élevé mais cela a au moins l’avantage de faire fuir nombres de voyageurs. Lorsque nous avons visité le site archéologique, nous étions 70 personnes à tout casser. A comparer aux 4000-5000 visiteurs quotidiens du Machu Picchu …

Carthagène : la vieille ville est de très loin la plus belle cité de Colombie. Malgré l’affluence touristique, elle reste bien plus authentique que les villages de la zona Cafetera (tel Salento) qui semble avoir étaient fraîchement peints pour les touristes. On y serait bien resté un ou deux jours de plus.

4. Notre FLOP 3

- Bogota : une grande ville cacophonique avec un centre historique riquiqui, archibondé et craignos la nuit. Il existe d'autres quartiers un peu plus agréables comme la zona rosa, mais sans grand charme. Quant au pseudo nouveau quartier tendance de Chapineros, nous ne l'avons jamais trouvé (seulement des friches industrielles hideuses et glauques).

- San Andrés : c’est loin d’être le pire endroit de Colombie mais il y a tellement de monde (et de beauf) que cela gâche tout le plaisir. Une grosse déception pour nous après avoir passé 5 jours merveilleux à Providencia.

- Popayan : une petite ville coloniale très très calme. Nous y sommes restés 3 jours, 1 aurait suffit. La ville ne vaut pas les 10 heures de route qu'il faut faire pour la rejoindre depuis Medellin.

La qualité des routes, la vélocité et le confort des bus sont un gros point noir de notre séjour.

5. Notre meilleur repas 

Notre brunch chez Ikaro en arrivant à Santa Marta : fait maison, frais et copieux, idéal pour se requinquer après 16 heures de bus. 
Aussi : nos petits déjeuners sur la terrasse à Providencia.

6. Notre pire repas

Le poulet broaster offert par Viva Colombia à San Andres, pour nous faire supporter les 5 heures de retard.

7. Notre pire galère

Notre trajet de San Agustin à Salento. 14 heures de voyage, 3 modes de transport différents... pour faire 470 km.


8. Le meilleur colombien

Raymundo, le gérant de notre auberge à Popayan. Un grand bonhomme créole originaire de Providencia, frôlant les 2m avec des yeux bleus, une voix chaleureuse et un grand sens du service.

9. Le budget

Lors de notre séjour, le taux de change était le suivant :  1 euro = 3550 COP (colombian pesos)

Ci-dessous les dépenses pour 2 en euros pour 40 jours de voyage.

Total : 3500 euros soient 88 euros / jour. C’est bien plus que ce que nous avions initialement prévu, mais il faut retirer de ces 3500 euros, 340 euros d’achats d’artisanat et 1100 euros de passage/craquage complet dans les îles de San Andres et Providencia (9 jours / 8 nuits). 

En mettant notre passage dans les îles et notre shopping de coté, nous avons donc dépensé 2060 euros pour 32 jours soient 52 euros / jour, qui se repartissent de la façon suivante :


Excursions : 34% - 700 euros.
Ce premier poste est lié au coût du trek à la Ciudad Perdida : 27% à lui tout seul de notre budget en Colombie soient 565 euros. Très clairement l’excursion la plus onéreuse de nos 6 mois de voyage. Impossible de négocier le tarif, les 5 agences qui gèrent le tour s’entendent sur les prix et proposent exactement la même prestation au même tarif. Par ailleurs, il ne semble pas possible d’aller à la Ciudad Perdida par ses propres moyens (les paysans et les indigènes ne vous laisseront pas passer).

Autres excursions / divers : 7%  - 135 euros. Nous n’avons pas fait d’autre gros trek en Colombie. On peut mettre dans ce poste, un peu en vrac, les entrées du parc archéologique de San Agustin et du parc Tayrona, les pourboires des free-walking tour, quelques trajets en taxis, les achats de crème solaire et d’anti-moustique, …

Alimentation et boissons : 29% - 19 euros / jour soient 600€
Nous avons cuisiné nous-mêmes la quasi-totalité des repas, ce qui nous a évité de manger quotidiennement du poulet frit.

Logement : 28%, soient 580 euros. Nous avons passé 28 nuits dans des hostels, 3 dans la Ciudad Perdida et une dans un bus. Nous avons tenu un budget moyen de 70 000 COP/ 20 euros la nuit. A ce prix-là, nous avions toujours une chambre double privé, avec ou sans salle de bain dans des établissements corrects.

Transport : 10% - 208 euros
Nous avons beaucoup pris le bus dans le sud du pays, où les distances sont très longues à parcourir et les bus inconfortables. Sur la côte Caraïbe, tout est plus rapproché et l’absence de relief facilite grandement le transport. Nous nous sommes également évité un bon trajet de l’enfer en prenant un vol San Andrés/Bogota avec la low-cost viva Colombia (130 euros le vol pour 2).

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